Bonjour,
Le 29 juil. 08 à 01:00, Arthur Fernandez a écrit :
Entre les lois qui tendent à limiter la liberté de tous pour éviter
à un nombre de gens qui se
compte sur les doigts de la main de frauder, entre les lois
sécuritaire qui autorisent tout un
log de mesures préventives (gardes à vue, sanctions, ...), entre le
reste, entre ce qui nous
échappe, entre ce qui arrivera demain... on arrive malheureusement
à force, par securitarisme,
pas loin au dessus de la chine.
Je dérape un peu mais mon exemple préféré hors d'Internet de ce genre
de pratiques, ce sont les alarmes de piscine anti-noyade. De mémoire,
ça doit faire au grand maximum moins de 10 morts accidentelles par an
mais on a quand même eu droit en 2004 à une loi "relative à la
sécurité des piscines". Une recherche ultra rapide sur Google me
renvoit sur ça : http://www.alarme-piscine.com/reglementation-securite-piscine-loi-norme.html
Ça a généré un business énorme pour finalement pas grand chose. On a
la même chose sur les ascenseurs et on aura bientôt la même chose pour
les passages à niveau. Dans tous les cas, l'erreur ne vient pas du
dispositif technique mais d'un mauvais comportement à la base. Mais
c'est plus facile de se cacher derrière la technologie que d'éduquer,
prévenir ou, dans notre cas, renforcer les moyens policiers et
judiciaires (mais pas au niveau du dispositif législatif qui me semble
déjà bien lourd).
Par contre je me perds un petit peu. Ce qui a été "demandé" aux
fournisseurs d'accès et/ou de contenus, c'est un dispositif censé
protéger les enfants de tomber sur du contenu répréhensible ou bien de
supprimer complètement la possibilité d'échange dans ces milieux ?
Parce que dans le premier cas, je vois effectivement pas bien pourquoi
ça ne relèverait pas du contrôle dans les foyers des accès à Internet
(bref du cadre familial et de l'éducation, avec à la rigueur une
contrainte plus forte pour les accès publics) et dans l'autre cas j'ai
bien peur qu'on ne fasse que déplacer le problème (vers d'autres
canaux de communication puisque ça devait bien exister avant Internet)
et rendre le travail d'investigation finalement plus difficile.
Et bien entendu, une fois qu'un tel dispositif est disponible pour un
type de contenu précis, je vois mal ce qui empêchera à plus ou moins
long terme l'État de demander de la même façon de l'étendre à d'autres
types de contenus contre lequel il y aurait bien moins de consensus.
Surtout qu'on ne pourra plus dire que c'est compliqué techniquement.
Je soutiens totalement l'argumentaire d'Alexandre Archembault
notamment sur la notion de neutralité du réseau ou le principe (pour
utiliser la notion américaine) de "common carrier". Et surtout, en
suivant cet argumentaire, je ne comprends pas pourquoi ce serait aux
FAI de faire la démonstration de la faisabilité technique d'une telle
solution tant qu'on (i.e. le gouvernement) a pas apporté la preuve de
sa pertinence ni effectué la moindre étude d'impact ou la moindre
analyse coût/bénéfice. A la rigueur, en étant souple sur les pattes
arrières, on devrait revenir à la notion qui avait été présenté il y a
un an d'expérimentation. Et dans tous les cas, ça devrait être financé
par les pouvoirs publics.
Mais bien sûr, je ne suis pas un opérateur :)
Cordialement,
--eberkut---------------------------
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