Bonjour,

Camille Gévaudan a écrit :
> Depuis combien de temps utilisez-vous OpenStreetMap ? Qu'y
> faites-vous ?

J'utilise OSM depuis peu de temps (septembre 2007, date à laquelle je me
suis créé un compte) et j'y contribue depuis encore moins (mai 2009).

Pour l'instant, je me contente d'acquérir des traces GPS et de les
valoriser via JOSM.

> Comment avez vous découvert le projet ?

J'ai découvert OSM fin 2004, dans la foulée d'UPCT (« Un Point C'est
Tout », http://www.upct.org/).

J'avais découvert UPCT à l'occasion d'une conférence de Michel Bondaz,
l'initiateur du projet. Le principe d'une carte libre, construite
collaborativement, m'avait conquis et j'avais même acheté un GPS dans la
foulée pour y contribuer. Mais les outils disponibles sur GNU/Linux pour
traiter les traces GPS étaient alors spartiates et embryonnaires. En
outre, le site d'UPCT était lui aussi tragiquement rudimentaire et le
flou sur la licence des données m'avait dérangé. N'ayant pas le temps de
contribuer au développement des outils ou du site, j'ai tourné le dos à
UPCT.

Peu de temps après, j'ai entendu parler d'OSM mais, refroidi par UPCT,
j'ai attendu de voir comment évoluait le projet avant de m'y investir.

En 2007, un collègue contribuant à des outils de manipulation de traces
GPS et à OSM m'a donné envie de voir ce que ce projet était devenu. J'ai
été impressionné par l'évolution des outils et par l'état d'avancement
des cartes mais ce n'est qu'en mai dernier que j'ai trouvé suffisamment
de disponibilité pour me lancer. Depuis, je suis devenu accro : si je
n'ai pas ma dose hebdomadaire d'OSM, le mulot me démange et je pianote
nerveusement sur mon GPS.

> Etes-vous professionnellement impliqué dans la géographie / géodésie,
> ou s'agit-il seulement d'un loisir ?

Loisir.

> Vous intéressiez-vous à la cartographie avant de participer à OSM ?

Ma première expérience cartographique doit dater de l'époque où je
dessinais des cartes pour expliquer à mes frères où j'avais caché le
« trésor ». (c:

Plus tard, la pratique intensive de la randonnée m'a naturellement amené
à m'intéresser à la cartographie.

> Combien de temps y passez-vous (par jour, par semaine...) ?

Aux alentours des dix heures par semaine.

> Est-ce un acte militant ?

Oui. Nous sommes confrontés à un choix de société :

- D'un côté, certains œuvrent à une société où toute circulation
  d'information entre individus se ferait dans le cadre d'une
  transaction commerciale dont ils seraient les intermédiaires
  rémunérés. Dans cette société, le troc et le prêt gratuit seraient
  interdits par la technique et la loi [1], et la propriété
  intellectuelle serait sacralisée.

- De l'autre, certains aspirent à une société où l'information (bien non
  rival) circulerait librement, favorisant ainsi l'éducation, le
  développement de la connaissance et le progrès ainsi que l'exercice de
  la critique, du libre arbitre et, au final, de la citoyenneté.

À chacun de choisir en fonction de ses ambitions et de ses idéaux. Pour
ma part, depuis 1998, je suis fortement impliqué dans la promotion et la
défense du logiciel libre. Mais dans la « société de l'information »,
les logiciels libres ne suffisent pas ; nous avons besoin de formats
ouverts pour assurer l'interopérabilité des logiciels et de données
libres de toute sorte pour les alimenter et mettre à profit leur
potentiel.

À ce titre, vu l'importance croissante de la géo-localisation et des
applications qui en découlent, l'« aboutissement » d'OSM est essentiel.
À terme, il serait même souhaitable qu'OSM prenne en compte l'altitude
des points et fournisse (notamment en France) un modèle numérique de
terrain libre.

> Quelle est votre ambition ? Vous êtes-vous défini un projet,
> personnellement ?

Je souhaite hisser l'information sur Toulouse, ville où je réside, à la
densité et au niveau qualitatif de villes comme Grenoble ou Besançon.

À part cela, ma petite fierté est de faire apparaître sur OSM des
informations inexistantes sur les alternatives propriétaires. Voici deux
exemples inachevés (mais j'y travaille) :

http://tools.geofabrik.de/mc/?mt0=mapnik&mt1=googlemap&lon=1.69464&lat=43.64732&zoom=14
http://tools.geofabrik.de/mc/?mt0=mapnik&mt1=googlemap&lon=5.23714&lat=46.19743&zoom=17
(dans les deux cas, ViaMichelin est au niveau de GoogleMaps)

> Contribuez-vous en solitaire ou avec des connaissances non virtuelles ?

En solitaire.

> Avez-vous déjà contacté des municipalités ou organismes pour les
> inviter à aider le projet ?

Non. Je n'ai pas assez de recul sur le projet.

> Emmenez-vous votre GPS en vacances ?

Bien sûr ! Mon GPS adore que je le promène. Et si je tente de m'en tirer
en l'allumant à l'intérieur de mon appartement, il détecte aussitôt la
supercherie et se plaint de ne pas recevoir de signal. Cela a l'air de
terriblement l'affecter.

> Réutilisez-vous les cartes OpenStreetMap ou vous contentez-vous de les
> "remplir" ?

Je m'en sers de plus en plus, notamment pour situer un lieu dans les
messages que j'envoie. Ah, les paramètres « mlat » et « mlon » dans
l'url, quel bonheur ! Grâce à eux, je peux par exemple vous donner
rendez-vous ici :

http://www.openstreetmap.org/?lat=46.19065&lon=5.25954&zoom=17&layers=B000FTFT&mlat=46.19076&mlon=5.25981

> Pourquoi créer une base de données géographiques libre et gratuite ?

Mince, j'ai répondu plus haut.

Notez cependant que l'important est le caractère libre. Dans le libre,
la gratuité (fréquente) n'est qu'une conséquence et un moyen, pas une
finalité.

> En quoi consiste la communauté ? Est-elle virtuelle ou se voit-elle "in
> real life" ?

Question convivialité, rien ne vaut les rencontres physiques et les
échanges passionnés autour d'un verre à la terrasse d'un café.

Je cotoie régulièrement quelques contributeurs d'OSM « IRL » et j'ai eu
beaucoup de plaisir à en rencontrer d'autres aux RMLL (Rencontres
Mondiales du Logiciel Libre) qui se sont tenues à Nantes au début du
mois de Juillet.

Sans ces rencontres, OSM me semblerait plus austère...

> Comment se porte la communauté française ? Quelle est son actualité ?

Je n'ai pas beaucoup de recul mais j'ai déjà l'impression que les choses
s'accélèrent. Depuis le mois de mai, j'ai déjà convaincu deux personnes
de rejoindre le projet et elles ont livré leurs premières contributions.

Quant à l'actualité, voici ce qui me vient à l'esprit sur le coup mais
j'oublie certainement des choses importantes :

- import prochain des données issues de la base Corine Land Cover qui
  vont vraiment donner du cachet aux cartes OSM,

- amélioration des outils de détection d'erreur (notamment Osmose),

- travail de réorganisation de l'information sur le Wiki en français,

- peut-être Pieren nous réserve-t-il quelques surprises sur le plug-in
  cadastre-fr de JOSM ?

- ...

> La communauté française a-t-elle des liens avec celles des autres
> pays, ou travaille-t-elle indépendamment ?

La communauté francophone collabore avec les autres dès que cela a du
sens. Preuves en sont les discussions autour de l'import des données de
la base Corine Land Cover (cette base couvrant toute l'Europe, à terme,
tous les contributeurs européens pourraient être concernés).

Sébastien

[1] cf. la tristement célèbre loi DADVSI qui donne une assise légale aux
    DRM mais aussi quelques initiatives antérieures telles que celle-ci,
    qui date de 2000 :

    « Auteurs en guerre contre le prêt gratuit. 288 écrivains
      pétitionnent pour que les bibliothèques les rémunèrent. »

    
http://www.liberation.fr/culture/0101329013-auteurs-en-guerre-contre-le-pret-gratuit-288-ecrivains-petitionnent-pour-que-les-bibliotheques-les-remunerent

-- 
Sébastien Dinot, sebastien.di...@free.fr
http://sebastien.dinot.free.fr/
Ne goûtez pas au logiciel libre, vous ne pourriez plus vous en passer !

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