On Sat, Aug 21, 2010 at 12:10:26AM +0200, luc schimpf wrote: > Le 20/08/2010 17:42, Yves Rutschle a écrit : > >> Mon point de vue (pour le moment, car je ne suis pas arrivé >> au bout de ma refléxion sur le sujet) c'est qu'une langue ne >> sert qu'à communiquer. L'usage que l'on fera de la langue >> est donc primordial. C'est aussi pour ça que l'engouement >> pour les langues régionales mourrantes me laisse perplexe, >> car maintenir une langue en vie juste pour qu'elle ne meure >> pas ne me semble pas productif. > > La langue est aussi le véhicule de la culture, je suis alsacien, et je > pratique notre dialecte, je reconnais qu'il est en-train de disparaître > mais je ne peux m'y résoudre
L'argument culturel est celui qui est toujours avancé pour la sauvegarde de ces langues. Il me laisse perplexe, dans la mesure où il y a des cultures différentes qui vivent avec la même langue (example simple avec l'anglais: la culture du Texas n'est pas du tout celle de l'Écosse). Si l'Alsace cessait subitement entièrement de parler alsacien, elle ne perdrait pas pour antant sa culture culinaire, architecturale, son histoire, etc. Je me demande dans quelle mesure cet argument n'est pas du "protectionnisme" régional, où la langue est utilisée comme outil d'exclusion de l'étranger qui ne la parle pas. C'est ce genre d'argument qu'on retrouve finalement sur les forums qui soutiennent l'introduction de l'occitan dans le métro de Toulouse. C'est la partie de ma refléxion que je n'ai pas terminée :) > il y a tant de concept qui ne sont simplement pas > exprimables en français ou en allemand (les deux > composante du dialecte alsacien) que ce serait une vrai > perte, et à terme, l'Alsace perdrait toute sa > spécificité. Franchement, je ne pense que rien de tout ça ne soit vrai. Il est extrèmement rare qu'on ne puisse pas exprimer un concept dans une langue. Le seul exemple qui me vienne à l'eprit est le "Schadenfreude" allemand, effectivement difficile à traduire. De même pour la spécificité: l'Australie n'est pas comme l'Écosse, et ils n'ont pas besoin de langue pour ça. À Toulouse on mange du cassoulet plus souvent que de la choucroute, à Strasbourg c'est le contraire, et la langue parlée n'y changera pas grand chose. > Alors, peut-être que tu ne considères pas la sauvegarde > d'une culture comme quelque chose de productif Non, je refuse de confondre culture et langue, ça me parait justement un amalgame qui est utilisé par tous les défenseurs des langes régionales, sans qu'il ne soit jamais prouvé. Dans l'histoire de la tour de Babel, les auteurs identifient clairement la création des langues comme une plaie, car les humains deviennent incapables de communiquer entre eux. Une langue peut avoir deux buts: communiquer, ou exclure ceux qui ne la parle pas. Y. -- Lisez la FAQ de la liste avant de poser une question : http://wiki.debian.org/fr/FrenchLists Pour vous DESABONNER, envoyez un message avec comme objet "unsubscribe" vers [email protected] En cas de soucis, contactez EN ANGLAIS [email protected] Archive: http://lists.debian.org/[email protected]

