Le 1 décembre 2013 19:07, Jean-Guilhem Cailton <j...@arkemie.com> a écrit :
> Cher Philippe, > > Je te laisse par ailleurs le soin de juger de la meilleure répartition > du budget de la Croix-Rouge entre les rescapés philippins et les > fournisseurs d'imagerie satellite, et de l'éclairer de tes bons conseils. > Je ne suis as là pour dire comment la Croix-Rouge doit dépenser l'argent affecté pour l'aide humanitaire pour cette crise, mais de toute façon l'aide inclut nécessairement aussi le financement de besoins logistiques divers et financer la cartographi nécessaire peut en faire partie (c'est encore mieux dans le cadre d'une collaboration internationale, intergrouvernemantale, et interfondations, via le fond d'aide et les groupes ad hoc de coordination des efforts). Evidemment je ne demande pas du tout que la Croix Rouge (française ou le CICR) finance ça toute seule, et une bonne partie des achats d'imagerie devrait même être financé par le gouvernement philippin lui-même, sinon par des fondations privées diverses (la Fondation Gates par exemple, ou encore des dons de la part d'opérateurs télécom via leur fondation, comme le fait déjà par exemple la Fondation Free pour OSM, ou pourrait le faire la Fondation Orange ou la Fondation Bouygues, ou une célèbre riche héritière de Loréal si on lui explique les choses à elle et ses avocats, et bien sûr cela ne se limite pas au fondations françaises) et la générosité du grand public via leurs associations nationales préférées engagées dans cet effort. Mais c'est vrai que 30 jours de mise à disposition c'est très très peu ! Et si Google, Apple ou Microsoft achètent déjà de l'imagerie pour eux-même, ils pourraient aussi en acheter pour l'effort international et communiquer dessus (mais il ne faudrait pas de limitation de durée d'usage des images, même si les mises à jour gratuites s'arrêtent au bout d'un certain temps, et on devrait disposer des images avant catastrophe sans problème car cela ne correspondra de toute façon plus aux besoins économiques des futurs clients d'imagerie dans la région dévastée; mieux : en accélérant les efforts d'aide, on peut favoriser le redéveloppement économique et l'autonomie de la région dévastée). De plus on n'a pas non lus à demander ces images pour toutes les Philippines, seulement les zones de catastrophe, et pas seulement pour des arbres couchés (avec un rayon suffisant pour être sûr de ne rien oublier dans l'aide à apporter; mais à les équipes sur le terrain peuvent désigner des zones prioritaires notamment les zones inondées/submergées ou bien dont les constructions et infrastructures ont été détruites). Pour Haïti la question ne se posait pas tellement le pays est pauvre et incapable de financer quoi que ce soit, tout le pays a pu être couvert et les besoins vont très au delà d'une reconstruction d'infrastructure de base, tellement il y a de réfugiés dans des "abris" de fortune. Aux Philippines on peut espérer que cela ira plus vite car tout le pays n'est pas dévasté, même s'il y a des tas de personnes déplacées vers Manille ou d'autres îles moins touchées (à µHaïti, il y a peu d'autres endroits où aller et l'aide principale reste à apporter aux lieux même de la catastrophe).. Néanmoins on a besoin de connaitre les lieux d'implantation de nouveaux camps de réfugiés, et adapter les services locaux qui devreont maintenant les gérer : il leur faut donc de nouvelles infrastructures à ces endroits, pourtant épargnés par la catastrophe. Mais ce n'est pas en un mois qu'on peut avoir une idée des déplacements des populations, ou de celles qui se réinstallent dans les zones dévastées pour participer à la reconstruction locale, même avec des services locaux très dégradés. De toute façon j'ai signé la pétition. Masi ce n'est pas quelques centaines (voire milliers) de signatures qui convaincra les décideurs concernés dans les grandes fondations privées, ou les gouvernements pour négocier de l'imagerie à bas prix pour une mise à disposition complète du grand public (avec une licence ouverte compatible avec ODbL pour la vectorisation, ou sur des serveurs TMS/WMS libres). Et pourquoi on n'a pas fait ça pour les tremblements de terre récents au Pakistan et dans l'ouest de l'Iran? ou pour la Somalie, Madagascar, le grand tsunami de l'Océan indien suite au tremblement de terre indonésien? Je crains que ce soit la multiplication des catastrophes dans le monde (et leur grande visibilié immédiate) qui fasse peur aux fournisseurs d'images s'il doivent rayer des zones trop grandes de commercialisation de leurs services, sous la pression de grand public alors qu'il visent aussi à en vendre aux organisations humanitaires qui en demandent et sont prêtes à en financer une partie (même si elles réclament aussi que les gouvernements les aident de concert). SI on les oblige à faire ça, ils risquent de ne plus financer les satellites survolant les zones non rentables et cela pourrait coûter encore plus cher à l'avenir si les assos doivent ensuite payer seules un prix bien plus élevé pour gérer leurs propres moyens satellitaires (peut-être que cela se fera un jour, avec un satellite lancé dédié à cette cartographie humanitaire). On risque de ne plus avoir non plus d'images gratuites et libres pour cartographier les pays riches en Europe, Amérique du Nord, Asie orientale ou en Australasie, ni aucune des autres grandes métropoles du monde (adieu l'imagerie haute résolution dont on bénéficie en France...).
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